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Midazolam

Aujourd’hui, je vais continuer sur les benzodiazépines en abordant l’hypnovel (ou midalzolam en DCI).

Comme vous pouvez le voir, l’hypnovel possède un noyau benzodiazépine classique associé a un atome de fluore en position R2, permettant au midazolam d’être une base libre, la rendant très soluble dans les liquides et donc facilement  injectable par voie intra-veineuse, un groupement cyclopentadiène lié a un groupement méthyl en R1 et R2. On parle donc d’imidazobenzodiazépine en raison de la présence de ce groupement cyclopentadiène.

Les propriétés pharmacologiques de l’hypnovel sont d’une part un effet sédatif puissant, une amnésie antérograde totale et au second plan, une anxiolyse. La dépression respiratoire est possible mais moins marquée qu’avec les  morphiniques et les barbituriques.

Comment expliquer ces differences d’effet par rapport aux benzodiazépines utilisés a visée anxiolytiques comme le Xanax ( Alprazolam )?

Cf Zolpidem

D’autre part, au niveau pharmacocinétique, le midazolam possède une demie-vie  courte (relativement par rapport aux autres benzodiazépines) en injection intraveineuse : 1,5 a 2 h.

De part ses effets sédatifs et amnésiants, l’hypnovel est utilisé en anesthésie pour la sédation vigile,  lors des interventions chirurgicales ne nécessitant pas d’anesthésie générale. L’intubation pour ventilation mécanique n’est pas necessaire pour ses interventions du fait que la dépression respiratoire est peu marquée.

Je me souviens d’une discussion que j’avais eu avec une interne de cancérologie qui me parlais de son service ou de nombreux patients était hospitalisés en phase terminale de cancers multi-métastasés pour prise en charge de soins palliatifs.

Elle me racontais qu’elle était souvent obligée, dès son arrivée dans le service le matin, de « pousser la seringue d’hypnovel » à des patients agonisants. Cette attitude  peut être considérée comme de l’euthanasie,  considérée comme un crime selon le code pénal français.

Cependant, depuis la Loi Léonetti datant de 2005 concernant les droits des patients en fin de vie, je cite : « Les professionnels de santé mettent en oeuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu’à la mort. Si le médecin constate qu’il ne peut soulager la souffrance d’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qu’en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie ».

Cette discordance entre ces deux textes de loi montre bien a quel point il est urgent de réformer le code pénal français.

L’hypnovel est utilisable en fin de vie chez les patients dont les douleurs ne peuvent être soulagés par les morphiniques.

L’effet sédatif et amnésiant de cette substance est parfois la dernière chose que ressent un un être humain avant de mourir.

Ecrit en écoutant Sleep de Godspeed You Black Emperor, titre particulièrement adapté, je trouve, au sujet de ce post ^^.

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Classé dans Benzodiazépines