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Atropine/Scopolamine

L’atropine est une substance aux propriétés antagoniste des recepteurs muscariniques a l’acetylcholine.

Son nom provient de la divinité moire Atropos qui coupait le fil de la  vie.

 

Ci-contre : Les trois moires peintes par Goya.

 

 

 

 

L’atropine est présente dans diverses plantes de la famille des solanacée comme la belladone ou la datura.

Des cas d’intoxications aux baies de belladonne ont étés rapportés, principalement en suisse : les patients présentaient généralement un état d’agitation avec délire, confusion, hyperthermie (jusqu’a 40)  tachychardie, mydriase et xerostomie.

Le mécanisme du délire induit par la belladonne est probablement lié a l’atropine ou a la scopolamine (également contenu dans la belladone et dont la pharmacodynamie est similaire a celle de l’atropine) mais reste peu clair.

 

 

Ci contre : la structure moléculaire de la scopolamine.

 

 

 

 

Pour illustrer le délire induit par les anticholinergiques muscariniques, voilà une partie récit une personne ayant pris de

la datura (quantité non précisée).

« Encore une révélation : le passé n’existe plus ! C’est assez indescriptible comme sentiment : alors que je me souvenait du passé, il avait céssé d’exister. Cette impression a duré presque toute la suite de la soirée.
Je me met un doigt dans la bouche : il reste sec. Eh ben l’atropine agit bien en tout cas ! Je me lève à la surprise générale et vais dans la salle de bain me caler devant un mirroir : ah ouais ok, mon iris est parti en vacance… Pupille dilatée à mort donc…
Je retourne dans la chambre et la arno me fait : « oh c’est pas normal là ! Remet la gravité ! » je tire donc une manette imaginaire et lui demande si c’est bon.
C’est là qu’a commencé le gros délire : j’ai aucun souvenir de ce passage, d’après notre guide on a passé 20min à essayer de réparer une machine à gavité sans succé… A mon avis, là je suis vraiment parti loin puisque je me rapelle de rien…
La mémoire revient au moment où je me rend compte que mon pote assit sur la chaise en face n’est plus le même « Eh Emerick fais moi un signe », je vois le faux gars lever la main, pas de toute, ce n’est pas Emerick, à la place c’est un gars que je connais assez mal mais que je vois parfaitement bien ! Deuxième vrai hallu donc.
A noter que les gens sont resté plus ou moins bleus pendant tout ce temps »  »

Attention, pour les gens qui passerait par là et qui voudrait prendre de la datura : ce n’est absolument pas un psychédélique mais un délirogene. La difference entre ces deux termes est que les psychédéliques induisent certe des hallucinations mais le sujet a conscience qu’il hallucine alors que lors de la prise de datura, les hallucinations sont vécues commes réelles, cela peut donc conduire a des gestes auto ou hétéro-aggressifs et a une suggestibilité importante

(cf un reportage de Vice sur les vols, les viols et les agressions de personnes intoxiquées a la datura en colombie)

Un autre effet interessant de la prise d’atropine ou de scopolamine est l’amnésie, quasi-constante.

Cet effet est interessant car il a trouvé une application thérapeutique dans la maladie d’Alzeimer, dont la symptomatologie inclue une atteinte de la mémoire épisodique: les anticholinesthérasiques (donc médicaments ayant une action opposée a ceux de l’atropine) améliore (certe, de maniere temporaire) les symptômes de la maladie d’Alzeimer.

La xerostomie, la mydriase et la tachychardie sont liés a une inhibition du systeme parasympathique au niveau des glandes salivaires (xerostomie) yeux (mydriase), du coeur (tachychardie).

L’atropine et la scopolamines sont donc des substances fascinantes, dont le mécanisme d’action n’est que partiellement élucidé et qui ont de nombreuses applications thérapeutiques (je parle surtout de l’atropine) en anesthésie : augmentation de la fréquence cardiaque en cas de bradychardie en ophtalmologie pour induire une mydriase ce qui permet de visualiser le fond de l’oeil plus facilement.

On peut imaginer une étude de neuro-imagerie scintigraphique utilisant de la scopolamine liée a un radionucléotide qui permettrais de mieux comprendre les zones du cerveau  responsables du délire et donc peut être de comprendre partiellement le mécanisme physiopathologique de certaines affections psychiatriques accompagnée de délire comme la schizophrénie et de trouver des traitements ciblés (a condition que ce soit approuvé par un comité d’éthique, ce qui semble peu probable, hélas…)

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Classé dans alcaloïdes tropaniques